régime faible en gras

Régime faible en gras… mais pourquoi ?

Mais à quoi cela sert vraiment un régime faible en gras? Pendant des décennies, les régimes allégés en matière grasse ont été plébiscités par les nutritionnistes et les magazines féminins.

Les industriels se sont jetés sur le créneau en inondant les linéaires des grandes surfaces d’aliments faibles en gras, de produits allégés en matière grasse ou carrément O% de matière grasse. Le gras était l’ennemi du cœur, de la minceur et du bien-être général. Il suffisait de s’en débarrasser et tout irait mieux.

Avec le recul on se rend compte que c’était un mythe : les régimes allégés en matière grasses sont mauvais pour la santé et font grossir. Voilà pourquoi :

Des choix catastrophiques

SUCRES ET ÉDULCORANTS

Les industriels qui ont décidé de proposer des produits allégés en matières grasses aux consommateurs se sont vite rendus compte d’une évidence : sans gras, plus beaucoup de goût.

Pour y remédier ils ont donc ajouté… du sucre (au pire) ou des édulcorants (au mieux) à leurs produits. Résultat : une augmentation du taux de sucre dans le sang, des hypoglycémies, et des fringales.

Pour ce qui est des édulcorants ce n’est pas mieux : Il est prouvé par une étude publiée dans la très sérieuse revue Nature que les édulcorants perturbent la flore intestinale et par ce biais, accélèrent l’apparition de l’intolérance au glucose et du syndrome métabolique, alors même qu’ils sont censés l’empêcher (1).

De plus ils entretiennent une dépendance psychologique et physique au goût sucré ce qui est absolument contre productif.

TROP DE CÉRÉALES

Pour garder la forme, les recommandations officielles en France continuent à être : manger plus de féculents et moins de matières grasses.

C’est une terrible erreur :

entre autres effets délétères, qu’ils soient issus de céréales complètes ou de féculents, mettre trop de glucides dans son alimentation fait baisser les taux de bon cholestérol (le cholestérol HDL)(2). Pour mincir, il est prouvé que  réduire fortement la part des glucides dans l’alimentation est bien plus efficace que de réduire la part des lipides.

Vive les bonnes graisses !

Certes il y a de mauvaises graisse, en particulier les graisses trans qu’on retrouve dans de nombreux produits industriels. Mais la nature offre plein de bonnes graisses bénéfiques pour l’organisme. Dans un menu faible en gras on supprime à tord les aliments suivants :

JAUNE d’OEUF

Avez vous remarqué ces gens qui font des omelettes de blanc d’œufs « pour le bien de leur artères » ? Il est temps de leur dire d’arrêter. Certes il y a des graisses, notamment du cholestérol, dans le jaune d’oeuf mais vous savez quoi ?

Il est aujourd’hui prouvé (3) que le cholestérol de l’oeuf n’est pas responsable de l’augmentation du mauvais cholestérol dans le sang, encore moins des maladies cardio vasculaires associées.

Il n’y a en réalité que chez les diabétiques que la consommation de jaune d’oeuf entraîne un risque cardio vasculaire plus élevé.

En revanche, la consommation de jaune d’oeuf réduit les risques d’accident vasculaire cérébral hémorragique ! (3)

Sans oublier que dans le jaune d’œuf, il y a aussi de :

  • la choline, un nutriment essentiel au bon fonctionnement du cerveau.
  • La lutéine, un nutriment capital pour la santé oculaire (il prévient notamment la dégénérescence maculaire)

VIANDE

Dans le même esprit nombreux sont ceux qui se sont interdit de manger de la viande rouge, trop riche en graisse.

Pourtant la viande issue d’animaux élevées de façon saine (nourris à l’herbe et au foin) est une excellente source d’acides gras omega 3, de minéraux de carnosine, un antioxydant qui lutte contre le vieillissement cutané et de créatine, un acide aminé capital pour apporter de l’énergie aux muscles.

LAITAGES ENTIERS

A force de voir des yaourts o% de matière grasse partout on en est venu à considérer le bon vieux yaourt au lait entier comme une hérésie nutritionnelle.

En fait c’est tout le contraire !

On sait depuis peu (4) que la consommation de laitages entiers réduit le risque de développer un diabète de type 2. Sans oublier que le lait entier issu de viandes nourries à l’herbe est riche en vitamines K2, une vitamine nécessaire au maintien de la densité osseuse, en particulier chez les femmes ménopausées.

NOIX DE COCO

Longtemps on a diabolisé cette huile venue des tropiques : certains disaient même qu’une fois consommée, elle ne pouvait pas être brulée par l’organisme et faisait donc grossir quoi qu’on fasse. Balivernes ! L’huile de coco est une source d’acide gras à chaine moyenne qui ont la particularité de favoriser la consommation d’énergie par le corps. D’autre part, elle est constituée à 50% d’acide laurique, un acide gras qu’on retrouve dans le lait maternel et qui permet de lutter contre le candida albican ou le staphylocoque doré.

Attention, il faut bien choisir son huile de coco : vierge, extraite à froid, et non désodorisée.

Sans oublier ces autres aliments « gras » mais hyper sains à mettre d’urgence au menu :

  • poissons gras
  • avocats
  • oléagineux (noix amandes noisettes etc)
  • huile d’olive, de colza…

Les effets du régime faible en gras

MOINS DE GRAS = PLUS DE MALADIES CARDIO VASCULAIRES

Une étude publiée en 2012 (5) a jeté un pavé dans la mare : En Europe, c’est dans les pays où on mange le plus de graisses saturées qu’on meurt le moins de maladies cardiaques !

C’est la preuve que les graisses saturées ne sont pas responsables des maladies cardio vasculaires, contrairement à une alimentation trop riche en glucides.

MOINS DE GRAS = MOINS DE TESTOSTÉRONE

La testostérone est l’hormone sexuelle principale chez les hommes, mais elle est aussi indispensable à une sexualité épanouie chez les femmes.

Or la testostérone est un sous-produit du cholestérol. Un régime allégé en lipides et riche en fibres (donc en céréales) peut diminuer de 12% la production de testostérone en à peine deux mois(6).

En vous privant de source de cholestérol, vous privez votre organisme des taux de testostérone nécessaires à son bon fonctionnement, ce qui entraîne :

  • fonte musculaire
  • prise de graisse
  • ostéoporose
  • dépression
  • libido en berne…

LES MAUVAISES GRAISSES

Attention, ne vous mettez pas à manger tous les aliments gras qu’on vous propose pour autant. Il faut absolument éviter les graisses suivantes :

  • Graisse trop cuites (notamment le beurre) et toutes les graisses qui fument.
  • Graisses trans ou hydrogénées.

Ces dernières ont un impact catastrophique sur vos artères.

Selon une étude d’aout 2015 (7), les acides gras saturés (beurre, viande…) n’augmentent pas le risque cardio vasculaire, tandis que les gras trans (dits aussi hydrogénés) sont associés à une augmentation de la mortalité cardio vasculaire.

La solution : Un régime sans sucres et riche en bonnes graisse

Le paradoxe a l’air énorme et pourtant : avec régime sans sucre mais riche en graisses on perd jusqu’à deux fois plus de poids qu’en suivant un régime allégé en matières grasses.

C’est prouvé (8) par une étude qui a porté sur 53 femmes obèse pendant 6 mois. Celles qui devaient suivre un régime sans glucides très strict ont perdu plus de poids que celles qui devaient suivre un régime basses calories où l’apport calorique des lipides était limité à 30%. CQFD

Le régime faible en gras ne sert à rien, et c’est même dangéreux pour la santé.

  1. Artificial sweeteners induce glucose intolerance by altering the gut microbiota. Nature, september 2014.
  2. Carbohydrate intake and HDL in a multiethnic population. American Journal of Clinical Nutrition, 2007.
  3. Egg consumption and risk of coronary heart disease and stroke: dose-response meta-analysis of prospective cohort studies. British Medical Journal 2013
  4. Consumption of high-fat dairy products associated with lower risk of developing diabetes. Diabetologia, september 2014.
  5. Hoenselaar R. Further response from Hoenselaar. British Journal of Nutrition, 2012.
  6.  Low-fat high-fiber diet decreased serum and urine androgens in men. J Clin Endocrinol Metab. 2005 Jun.
  7. Trans fats, but not saturated fats like butter, linked to greater risk of early death and heart disease. Mc master University. August 2015
  8.  A Randomized TRial Comparing a very low Carbohydrate Diet and a Calorie-Restricted Low Fat Diet on Body Weight and Cardiovascular Risk Factor in Healthy Women. JCEM, september 2003

Photo CC BY-SA 2.0 Ryan Hyde