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Les hormones et le poids chez la femme

Le saviez vous ? Si vous êtes une femme vos hormones sont peut-être responsables de votre prise de poids et de votre incapacité à en perdre. Et oui, les hormones et le poids sont très proches.

Quand vous aurez lu ça vous en saurez plus sur les hormones et le poids chez la femme.

L’INSULINE

L’insuline est une hormone produite par votre pancréas.

Quand il détecte une arrivée de sucre dans la circulation sanguine il envoie de l’insuline qui se fixe sur les récepteurs cellulaires et fait en sorte que le sucre pénètre dans les cellules pour leur apporter de l’énergie à utiliser tout de suite.

C’est aussi ce qui permet à la glycémie (taux de sucre dans le sang) de rester stable. C’est une belle mécanique. Le problème c’est que le mode de vie occidental et la sédentarité entrainent une épidémie d’insulino-résistance (ou syndrome polymétabolique).

Le sucre de l’alimentation ne pénètre plus efficacement dans les cellules cibles, mais s’accumule dans le sang ce qui crée une hyperglycémie et en retour le pancréas fabrique encore plus d’insuline.

Le risque c’est qu’à force le pancréas ne fabrique plus d’insuline. C’est le diabète de type 2.

Quelques signes qui peuvent faire penser à l’insulinorésistance :

  • Excès de poids même modéré, avec une répartition des graisses sur le ventre chez la femme comme chez l’homme, (alors que les graisses sont normalement réparties sur les hanches et les fesses chez la femme). En bref, la bouée. Un tour de taille supérieur à 95cm chez la femme peut être un indice.
  • Hypertension artérielle
  • IMC (indice de masse corporelle) au dessus de 25

Selon une étude de 2012, il semble qu’un excès d’insuline dans le sang soit responsable d’une prise de poids, et pas seulement que la prise de poids soit responsable de l’augmentation du taux d’insuline comme on l’a longtemps cru.(1)

Un régime allégé en sucres ainsi qu’une augmentation de l’activité physique sont donc indispensables pour lutter contre l’insulino-résistance.

LES ESTROGÈNES

Ce sont des hormones sexuelles féminines. Elles sont produites par les ovaires avant la ménopause mais aussi en plus petite quantité par les tissus du foie, de la glande surrénale et du tissu adipeux (graisses corporelles).

Lorsque l’organisme est soumis à un excès d’estrogènes il risque de développer un certain nombre de maladies, dont les cancers qu’on appelle hormono-dépendants (seins et utérus) ainsi qu’un surpoids.

Les perturbateurs endocriniens qui abondent dans nos sociétés semblent êtres responsable de l’épidémie d’obésité et de surpoids des pays industrialisés.

En effet de nombreuses substances dites « estrogène-like » sont absorbées par l’organisme et perturbent nos récepteurs hormonaux.(2)

Ces molécules estrogène-like abondent dans nos sociétés industrialisées. (3) Ils s’agit des pesticides, retardateurs de flamme présents dans les meubles, phtalates, conservateurs dans les produits de beauté, bisphénol…

D’autre part, les cellules graisseuses étant responsables d’une partie de la production d’estrogènes, plus vous avez de graisse corporelle, plus vous produisez d’estrogènes. C’est le cercle vicieux du surpoids.

En revanche après la ménopause, lorsque le corps n’en fabrique plus, un apport d’estrogènes pourrait limiter la prise de poids. C’est en tout cas ce que laisse penser une étude chinoise sur des souris. (4)

LE CORTISOL

C’est l’hormone produite par la glande corticosurrénale pour gérer les situations de stress de longue durée (l’adrénaline étant l’hormone qui permet de gérer les situations de stress intense et rapides).

Elle permet d’augmenter le taux de glucose dans le sang en cas de stress afin de nourrir les muscles et le cerveau ce qui permet à l’organisme de s’adapter face au danger.

En cas de stress prolongé, chronique, comme une situation tendue au travail ou dans la vie quotidienne, le taux de cortisol dans l’organisme augmente ce qui entraine une prise de poids, particulièrement au niveau abdominal. (5)

Autre effet secondaire d’un excès de cortisol, une fonte de la masse musculaire. Vous l’aurez compris, le stress ne vous fait pas simplement grossir parce que vous mangez sur le pouce n’importe comment et il ne suffit pas d’adapter son alimentation quand on subit un stress chronique.

Pour le bien de sa silhouette et de sa santé, il faut absolument lutter contre le stress.

Pour cela, exercices de relaxation, méditation, yoga… Prenez aux moins 15 minutes par jour pour vous détendre.

Les hormones et le poids: les déséquilibres hormonaux

Certaines périodes de la vie entrainent naturellement un déséquilibre hormonal qui peut expliquer la prise de poids.

Le syndrome prémenstruel (PMS)

Irritabilité, fatigue, douleurs aux seins, rétention d’eau… ces syndromes arrivent parfois 15 jours avant la date des règles et transforment la vie de nombreuses femmes en véritable épreuve physique et psychologique (il faut avoir un conjoint compréhensif).

Le PMS est dû à un déséquilibre entre les estrogènes et la progestérone. Pour atténuer l’impression de gonflement causée par la rétention d’eau il faut veiller à manger bien moins salé que d’habitude et à ne pas trop boire (mais hydratez vous quand même!).

La ménopause

Les hormones à la ménopause : Vers 55 ans, les ovaires cessent de fonctionner et donc de produire des hormones sexuelles, estrogènes, progestérone et testostérone.

Les conséquences sont nombreuses : bouffées de chaleur, changements de l’humeur, sècheresse de la peau, prise de poids au niveau du ventre et des bras et perte de tonus musculaire.

Le traitement hormonal substitutif (THS) limite les symptômes, notamment la prise de poids et l’épaississement de la taille (6). Il consiste en une supplémentation en hormones sexuelles, généralement estradiol (un estrogène) et progestérone.

Attention cependant de nombreuses études ont établi un lien entre le THS une augmentation du risque de cancer du sein ou des ovaires. En particulier, le risque de cancer du sein augmente chez les femmes minces et aux seins denses qui suivent un THS. (7)

Pour éviter la prise de poids sans avoir recours aux THS il est nécessaire de diminuer ses apports caloriques à 1500-2000 calories maximum par jour et d’augmenter son activité physique (par exemple 30mn de marche rapide).

Grossesse

Les hormones et le poids sont hyper lié pendant la grossesse, quand les taux de progestérone sont multipliés par 1000. Cette hormone produite par le corps jaune puis par le placenta empêche la contraction des muscles qui pourrait provoquer un accouchement prématuré.

Du coup elle provoque aussi un ralentissement du transit intestinal qui induit constipation et ballonnements. Les veines et les artères se dilatent également ce qui entraine baisses de tension et varices.

Ce sont les hormones de la grossesse qui sont responsables de l’augmentation de l’appétit. Après tout, il faut bien faire des réserves de graisse pour nourrir le bébé pendant et après l’accouchement. Prendre entre 9 et 12kg est normal.

Mais attention, au-delà il sera difficile de tout reperdre. Surtout qu’en enchainant les grossesses on accumule les kilos. D’ailleurs il est prouvé que prendre trop de poids pendant la grossesse augmente les risques d’obésité et de problèmes cardio-vasculaires. (8)

Crédit photo : il-young Ko CC BY-NC-ND 2.0

  1. Hyperinsulinemia Drives Diet-Induced Obesity Independently of Brain Insulin Production. Cell Metabolism, 2012
  2.  Perturbateurs endocriniens : un lien avec l’obésité ? Lab info.
  3. Inadvertent exposure to xenoestrogens in children.
  4. Effects of Estrogen on Insulin Sensitivity and Adipokines in Mice.
  5. Stress-induced cortisol response and fat distribution in women. Obes Res. 1994 May
  6. Body weight, body fat distribution, and hormonal replacement therapy in early postmenopausal women. J Clin Endocrinol Metab. 1997 Feb.
  7. Hormone Replacement Therapy and Breast Cancer: Heterogeneous Risks by Race, Weight, and Breast Density. JNCI 2013
  8. Associations of gestational weight gain with maternal body mass index, waist circumference, and blood pressure measured 16 y after pregnancy: the Avon Longitudinal Study of Parents and Children. American Journal of Clinical Nutrition, 2011