causes de la prise de poids

10 causes de la prise de poids

L’obésité est l’épidémie du XIXe siècle et dans son sillage, le diabète de type 2, maladie chronique handicapante. Il y a trois fois plus d’obèses dans la population mondiale que pendant les années 80 et les enfants de plus en plus nombreux à être touchés, et de plus en plus tôt. La science nous dévoile les 10 causes de la prise de poids, les 10 principaux coupables de cette épidémie.

1. Le sucre

Le sucre ajouté est le pire ingrédient de notre alimentation moderne. Le sirop de fructose tiré du maïs utilisé aux USA est particulièrement montré du doigt comme étant le responsable de l’épidémie d’obésité et de diabète.(1) Il est présent dans un nombre incalculable de produits industriels: Sodas, biscuits, soupes, plats salés etc.

Les effets du sucre ajouté dans l’alimentation sont largement documentés par les scientifiques : syndrome métabolique, diabète, problèmes cardio vasculaires, sensibilité à l’insuline, accumulation du gras autour des organes…(2)

En France aussi, il suffit d’ouvrir son placard ou son frigo pour constater que rares sont les aliments industriels dont le sucre est absent de la liste des ingrédients.

2. La sédentarité

Au travail comme dans la vie quotidienne nous bougeons beaucoup moins que nos parents ou nos grands parents. Vous prenez le métro pour aller au travail et restez assis derrière votre bureau toute la journée puis rentrez vous assoir sur votre canapé pour surfer sur le net ou regarder la télé.

Votre grand-père marchait 1 heure par jour pour aller au travail, ou prenait son vélo, et travaillait à la chaine ou dans les champs. Quand il rentrait chez lui il ne s’affalait pas devant la télé avec un verre et des chips. Il lisait, écoutait la radio, discutait et fabriquait ou réparait des objets.

Aux États Unis, entre 1960 et 2010 la dépense calorique au travail et dans les loisirs a baissé de plus de 100 calories par jour. (3) Résultat, entre 11960 et 2003, le poids moyen des hommes américains est passé de 76,9kg  à 91,8kg.

3. Le 0% de matière grasse

À partir du début des années 80, persuadés que le gras de l’alimentation était responsable des maladies cardio-vasculaires, les diététiciens ont inventé les régimes allégés en matière grasse. Les industriels se sont engouffrés dans la brèche et ont rempli les rayonnages des supermarchés de produits o% de matière grasse mais bourrés de sucre ou d’édulcorant.

Pour en rajouter une couche les nutritionnistes ont insisté sur l’importance de manger des céréales complètes (donc des glucides, dits lents) à chaque repas.

Résultat : Alors qu’il n’y avait que 15% d’obèses chez les 30-44 ans en 1976, il y en avait 35% en 2005. (4)

Le raccourci est peut-être un peu rapide, quoique…

Deux études publiées en 2014 ont comparé régime allégé en lipides et régime allégé en glucides. Elles ont toutes deux conclus que le régime allégé en sucres était le plus efficace pour perdre du poids. (5)

4. La junk-food pas chère

Aux USA, l’épidémie d’obésité a émergé en parallèle à la baisse des prix de l’alimentation. Mais pas de n’importe quelle alimentation : les aliments les plus caloriques sont les moins chers.

Ce n’est pas un cliché, moins on a de moyens plus on peut manger…mal. Comparer le prix au kilos de fruits et légumes bio et celui des chips et des biscuits plein d’huiles végétales hydrogénées (graisses trans) suffit à le comprendre.

Non seulement il est plus facile de manger des aliments qui font grossir parce qu’ils sont moins chers, mais en plus parce qu’ils sont « prêts à manger ».

Pour consommer des aliments riches en nutriments et moins riches en calorie, il faut pourvoir acheter des produits frais, non transformés et ayant subi le moins de traitements chimiques possible. Eh oui ! la qualité a vraiment un prix.

Les chercheurs français de l’INRA sont parvenus à la conclusion suivante : « une alimentation de bonne qualité nutritionnelle coute généralement plus cher (à apports énergétiques constants) qu’une alimentation de qualité nutritionnelle médiocre, non seulement car elle a une faible densité énergique, mais aussi, et peut être surtout, car elle est riche en nutriments essentiels ». (6)

5. Le marketing

En ciblant les enfants les marques agroalimentaires savent qu’elles s’attachent une future clientèle d’autant plus fidèle qu’elle aura été touchée tôt. Jusqu’à 8 ans les enfants ne font pas la différence entre information et publicité. Les marques rivalisent donc d’imagination pour créer des spots attractifs pour les petits.

Plus un enfant passe de temps devant la télé, plus il est susceptible d’adhérer aux pubs vantant de la malbouffe, et plus il risque d’en consommer. L’OMS reconnaît d’ailleurs la publicité comme un des principaux facteurs d’obésité chez les jeunes. (7)

6 Les boissons sucrées

À elles seules, les boissons sucrées et en particulier les sodas peuvent être tenus pour responsable de l’épidémie d’obésité qui touche les pays développés et qui touchera logiquement les pays en voie de développement où on a plus facilement accès aux sodas qu’à l’eau potable.

Ainsi, selon une méta analyse parue en 2015, en consommant une boisson sucrée par jour on a : 26% de risque en plus de développer un diabète de type 2, 35% de risques en plus d’avoir une maladie cardiaque ou de faire un infarctus, 16% de risque en plus d’avoir une attaque. (8)

C’est le fructose ajouté à ces boissons, gazeuses ou non, qui est pointé du doigt : il est transformé en triglycérides par le foie et favorise l’insulinorésistance.

7. Les produits chimiques

Les produits chimiques peuvent nous faire grossir à notre insu et sont une cause de la prise de poids importante. Or depuis un demi siècle nous sommes de plus en plus exposés à ces molécules obésogènes.

Les médicaments :

La prise de poids fait partie des effets indésirables de nombreux médicaments, en particulier certains antidépresseur, anti-psychotiques, anti épileptiques, anti diabétiques.

En 2015 une revue systématique portant sur plus de 200 études a permis de constater que certains de ces médicaments pouvaient entraîner une prise de poids de 1 à 7kg ! (pour le zonisamide, un anti épileptique) (9). Les statines, chargées de faire baisser le cholestérol, sont soupçonnées de faire grossir et d’augmenter les risques de diabète (10).

Les produits chimiques :

Les perturbateurs endocriniens influencent l’équilibre hormonal et entraînent une prise de poids. Depuis les années 70 ils sont présents dans notre environnement et donc dans notre sang : Phtalates, bisphénol A, retardateurs de flamme, DDE (un pesticide interdit mais présent dès les années 70), PFOA (présent dans le revêtement des poêles anti-adhésives) etc.

L’effet de ces produits chimiques sur le poids serait même encore plus probant lorsque l’exposition a lieu avant la naissance. Ainsi, une étude sur les souries a prouvé que l’exposition prénatale à des doses même infimes de PFOA entraînait une augmentation de la graisse corporelle et des taux d’insuline dans le sang à l’âge adulte.(11)

Les nombreux additifs alimentaires qui imprègnent les aliments transformés ont également leur part de responsabilité dans l’épidémie de surpoids qui frappe les pays riches, notamment pour leurs effets sur la flore intestinale.

Lors d’une étude parue en 2015 dans la revue Nature, les additifs E466 et E433 qui sont des émulsifiants, ont été reconnus coupables de perturber la flore intestinale et d’engendrer ainsi des phénomènes inflammatoires et un syndrome métabolique.(12)

8. Le manque de sommeil

On dort moins que nos parents et encore moins que nos grands parents. Il est largement prouvé qu’un manque de sommeil chronique a un impact négatif sur les hormones qui participent à la régulation du poids, et donc en effet une cause de la prise de poids chez beaucoup de la population.

On note notamment une augmentation de la ghreline, l’hormone de l’appétit, chez les personnes qui dorment moins de 5h par nuit.(13)

Le fait de faire la sieste pour compenser serait aussi une erreur : une étude sur des adolescents a démontré que ceux qui dormaient le plus durant la journée avaient le plus tendance à avoir des fringales. (14)

9. Le stress

Le stress fait grossir, en particulier les femmes, c’est injuste mais c’est comme ça, c’est prouvé. Le stress chronique augmente les taux de cortisol, ce qui engendre une augmentation du tour de taille, plus sensible chez les hommes que chez les femmes. (15)

Soumises à un stress accru en raison de la double journée travail/enfants en plus des problèmes économiques, professionnels et personnels, les femmes ont donc tendance à grossir plus facilement avec les années, d’autant que les aliments « anti stress » consommés pour compenser sont grossissants et plus faciles d’accès que les aliments sains.

10. Les fêtes

Les kilos en trop qu’on prend pendant les fêtes de fin d’année, les grandes réunions de famille et les vacances d’été (les apéros prolongés) on les appelle les « kilos plaisir ». Et bien même si on réussit à en éliminer une partie, on a tendance à ne jamais les reperdre totalement.

Des chercheurs américains ont même réussi à déterminer que 450 grammes par an nous restaient définitivement sur les hanches à cause des excès des fêtes. Cumulés ces 450 grammes annuels expliquent largement la prise de poids des adultes au cours de leur vie.(16)

Voilà les plus grandes causes de la prise de poids et de l’obésité cette siècle. Connaisant les causes vous permettra de maigrir plus facilement en soignant votre alimentation et en faisant du sport pour perdre de la graisse.

  1. Consumption of high-fructose corn syrup in beverages may play a role in the epidemic of obesity. American Society for Clinical Nutrition, 2004.
  2. Consuming fructose-sweetened, not glucose-sweetened, beverages increases visceral adiposity and lipids and decreases insulin sensitivity in overweight/obese humans. Journal of Clinical Investigation, 2009.
  3. Trends over 5 Decades in U.S. Occupation-Related Physical Activity and Their Associations with Obesity. Plos One, 2011.
  4. Overweight and obese, by age: United States, 1971–1974 through 2005–2006
  5.  Comparing Low-Fat and Low-Carbohydrate Diets. Annals of Internal Medicine, September 2014 /et /Effects of Low-Carbohydrate and Low-Fat Diets. Annals of Internal Medicine, 2014
  6. Relation entre qualité nutritionnelle et coût de l’alimentation. INRA, 2009.
  7.  Brochure Vos enfants et la pub. Office de Protection du Consommateur, Québec, 2008.
  8. New Research Exposes the Health Risks of Fructose and Sugary Drinks – American College of Cardiology, 2015.
  9. Clinical review: Drugs commonly associated with weight change: a systematic review and meta-analysis. Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, 2015.
  10. HMG-coenzyme A reductase inhibition, type 2 diabetes, and bodyweight: evidence from genetic analysis and randomised trials. Lancet, 2015
  11. Phenotypic dichotomy following developmental exposure to perfluorooctanoic acid (PFOA) in female CD-1 mice: Low doses induce elevated serum leptin and insulin, and overweight in mid-life. Molecular and Cellular Endocrinology, 2009.
  12. Dietary emulsifiers impact the mouse gut microbiota promoting colitis and metabolic syndrome. Nature, 2015.
  13. Short Sleep Duration Is Associated with Reduced Leptin, Elevated Ghrelin, and Increased Body Mass Index. Plos One, 2004
  14. Sleep, Hunger, Satiety, Food Cravings, and Caloric Intake in Adolescents. Journal of Nursing Scholarship, 2009.
  15. Mindfulness Intervention for Stress Eating to Reduce Cortisol and Abdominal Fat among Overweight and Obese Women: An Exploratory Randomized Controlled Study. Journal of Obesity, 2011.
  16. A Prospective Study of Holiday Weight Gain. New England Journal of Medicine, 2000.